Réussir l’épreuve de culture générale

La dissertation de culture générale a été présente à la plupart des concours de catégorie A et B.

Par son coefficient le plus élevé, elle s’imposait comme une des épreuves les plus importantes : une mauvaise prestation anéantissait tout espoir de succès car il est difficile de rattraper une note médiocre en culture générale par de très brillantes dans les autres matières.

Mais les temps ont changé: aux concours d’inspecteur, la note a remplacé la dissertation et la composition de culture générale ne résiste vaillamment que dans les concours de la fonction publique territoriale.

Pour ces concours et quelques autres qui résistent à la spécialisation, voici les conseils éprouvés pour réussir une bonne composition.

Les qualités exigées.

  • Pondération et démonstration

L’épreuve vise à évaluer la maturité de jugement d’un candidat, ses connaissances ainsi que sa capacité à ordonner de manière logique ses idées.

  • Culture et clarté

Il est demandé au candidat non une démonstration savante, mais une culture maîtrisée. Il faut surtout être très précis dans son analyse et ne pas se contenter de réponses générales. Les chiffres, les dates, les noms propres doivent attester les solides connaissances du candidat. Ce n’est pas parce que la question porte sur l’actualité, qu’il faut exclusivement citer des exemples tirés des faits divers du journal télévisé ou de la presse à sensation. Contrairement à ce que laisse supposer la simple lecture des annales, il faut au contraire nourrir sa réflexion sur l’actualité avec des exemples de culture classique.  La réflexion, qualité essentielle de la copie, doit se percevoir au travers de la capacité du candidat à prendre du recul, c’est-à-dire comparer des événements et des œuvres dans le temps.

  • Simplicité et efficacité

Le style lyrique ou ampoulé avec des termes recherchés, pédants ou désuets est à proscrire. Ce comportement, destiné à briller est quelque peu déplacé au regard des attentes du jury. La dissertation exige une excellente syntaxe et une orthographe irréprochable. Le candidat devra veiller à l’exactitude des mots utilisés tant sur le plan du vocabulaire général que des termes plus techniques.

La méthode

Définir un programme

Il est d’abord conseillé de définir un programme précis des thèmes à découvrir ou à enrichir. Il faut établir une liste détaillée de ceux-ci et y affecter pour chacun un temps déterminé. Même si la durée afférente à chaque notion vous semblera manifestement insuffisante, l’essentiel est de couvrir le plus grand nombre de sujets de sorte que vous ayez à chaque fois des idées et des exemples à mettre en avant : vouloir approfondir complètement un sujet et briller dessus est certes humain et rassurant, mais à ce rythme il sera vraiment impossible de constituer beaucoup de dossiers.

Il paraît difficile d’établir un programme type ici, puisque par définition, chaque lecteur a un niveau de connaissances différent. Il est opportun de rappeler quelques bases fondamentales. Il faut ainsi connaître :

  • l’histoire de la France depuis 1789 : régimes politiques, crises institutionnelles, conflits, colonisation, décolonisation, évolution de la population, les acquis sociaux.
  • quelques données statistiques sur le budget de l’État et de la sécurité sociale, sur le taux de chômage, le nombre d’habitants, la part de la population active.
  • les différents courants littéraires et artistiques associés à leur époque ou aux idées philosophiques: romantisme et libération des peuples, deuxième révolution industrielle et positivisme, etc.
  • les thèmes transversaux : la nation, l’État, la violence, la culture, l’art, la science, le travail, les média, la famille, la bioéthique, la religion, la justice, la démocratie, les droits ou encore l’éducation.
  • accessoirement, l’histoire du monde occidental depuis 1914.

Ces thèmes sont bien sûr donnés à titre d’exemple et correspondraient maintenant davantage à des concours de catégorie A+. En effet, les rares concours de catégorie A proposant encore des épreuves de culture générale les ont orientées vers une « culture administrative ».

Réunir une documentation et prendre des notes

  • Faites une liste des ouvrages à exploiter, soit à partir de bibliographies d’ouvrages de culture générale (consultables en bibliothèque), soit à partir de bibliographies données par des professeurs, soit à partir d’un ouvrage de référence conseillé dans le cadre de vos études. Si vraiment vous ignorez quel ouvrage lire, il suffit pour vous faire une idée sur un thème, de consulter plusieurs ouvrages en bibliothèque ou en librairie (Documentation française, manuels de culture générale) et de repérer les titres indiqués en bibliographie qui reviennent le plus souvent: ce sont en général des ouvrages de référence.
  • Essayez de vous procurer des synthèses sur des sujets précis : polycopiés, dossiers de presse. Lisez régulièrement la presse.
  • Lisez votre documentation en faisant des fiches ou des dossiers. Prenez des notes.
  • À l’occasion de toute sortie à caractère peu ou prou culturel, faites un résumé de ce que vous avez vu, senti, admiré. Notez vos impressions et vos réflexions : elles sont toutes aussi pertinentes que certaines sommes de culture générale. L’erreur est de penser que celle-ci s’acquiert exclusivement dans les livres. En réalité, la culture peut se définir comme l’aptitude à être au monde, à s’ouvrir à l’inconnu, à réfléchir, à questionner. Dès lors, tout peut être objet de sens et de référence. Certes, il est bon ensuite, en marge de vos réflexions, d’essayer de travailler la forme de l’expression et d’illustrer par un exemple classique.
  • Revoyez régulièrement fiches, dossiers et/ou cahier de notes.
  • Enrichissez et actualisez celles-ci par la lecture de la presse.

Face au sujet, le jour du concours

  1. Découvrez le sujet. Pendant cette phase, le candidat lit et comprend le sujet. Dans l’hypothèse où deux sujets au choix sont proposés, il faut consacrer une minute au choix définitif du sujet que vous traiterez. Il est hors de question de changer en cours de route. Comprendre et analyser le sujet signifie notamment analyser chaque terme du sujet (étymologie, termes voisins), analyser le rapport éventuel entre les termes du sujet (opposition / complément), questionner le sujet (celui-ci est-il pertinent ? Est-il provocateur ? Que sous-entend-il ?).
  2. Faites du « brainstorming ». Écrire toutes les idées, les exemples, les arguments, les statistiques qui vous viennent à l’esprit. Classez les idées et les exemples par thèse, ou argument, sur des feuilles à part.
  3. Élaborez le plan de l’introduction. Élaborez deux ou trois parties avec deux ou trois sous-parties maximum dans chaque partie, à partir du travail fait précédemment. Une partie correspond généralement à une thèse ou une antithèse. Chaque paragraphe doit correspondre à une idée et donner lieu à un exemple. Élaborez le plan de la conclusion.
  4. Rédigez.
  5. Relisez.